Je travaille dans un pays oĂą le versement de mon salaire peut prendre deux ou trois mois de retard.
Je dois actuellement régler environ 3 000 riyals sur une carte de crédit avant la fin du mois afin d’éviter que des intérêts ne me soient facturés. Je possède une partie d’un bracelet en or que je pourrais vendre pour environ 7 000 riyals. Si je vends cet or et rembourse la carte, il ne me restera qu’environ 4 000 riyals, ce qui pourrait ne pas suffire pour payer mon loyer et subvenir à mes besoins jusqu’au versement de mon salaire.
Une autre possibilité consiste à rembourser d’abord la carte, puis à transférer sur mon compte une somme prélevée sur le crédit disponible et à la rembourser à la banque sur deux ans, avec une majoration comprise entre 3 et 5 %. M’est-il permis de recourir à cette somme moyennant cette majoration, compte tenu de mon besoin de payer le loyer et de subvenir à mes besoins jusqu’à la réception de mon salaire ? Ou s’agit-il d’un prêt usuraire interdit ?
Quelle est, dans ma situation, la meilleure solution du point de vue religieux : vendre ce qui me reste d’or, rembourser la carte et utiliser le solde pour mes dépenses courantes ; conserver l’or et supporter les intérêts de retard sur la carte ; ou emprunter cette somme à la banque en la remboursant par échéances avec une majoration ?
Qu’Allah vous récompense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il n’est pas permis d’utiliser une carte de crédit lorsque son utilisation peut entraîner des intérêts usuraires. En effet, la résolution du Conseil de l’Académie internationale du fiqh islamique relative aux « cartes de crédit non couvertes » stipule :
« Il n’est permis ni d’émettre une carte de crédit non couverte ni de l’utiliser lorsque le contrat prévoit une majoration sous forme d’intérêts usuraires, même si le demandeur de la carte est résolu à rembourser pendant le délai de grâce sans intérêts. » Fin de citation.
Puisque vous avez déjà eu recours à cette carte, vous devez désormais cesser de l’utiliser. Il ne vous est pas non plus permis de demander le transfert sur votre compte d’une somme prélevée sur le crédit disponible, en vous engageant à la rembourser avec des intérêts usuraires. Il s’agit en effet d’une forme manifeste d’usure qu’Allah a interdite en disant :
« Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et renoncez à ce qui reste des intérêts usuraires, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors soyez avertis d’une guerre de la part d’Allah et de Son Messager. Mais si vous vous repentez, vous aurez droit à vos capitaux. Vous ne léserez personne et vous ne serez point lésés. » (Coran 2/278-279)
Vous devez donc rembourser les sommes dues avant que des intérêts usuraires ne leur soient appliqués et cesser d’utiliser cette carte dont le contrat prévoit une telle pénalité, tout en évitant les pratiques interdites que nous avons mentionnées. Allah vous accordera un soulagement et une issue favorable.
Voir la fatwa n° 161163 .
Et Allah sait mieux.
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