Le frère de mon mari a épousé une femme étrangère non musulmane alors qu’il était déjà marié. Lorsque sa première épouse a appris ce second mariage, elle a demandé le divorce, et ils se sont séparés. Par la suite, cette première épouse s’est convertie à l’islam.
J’entretenais de très bonnes relations avec cette première épouse, la mère de ses enfants (qui est ma belle-sœur par alliance), et elle ne m’a jamais causé le moindre tort.
Or, mon mari m’a demandé de couper tout lien avec elle, alors que notre relation se limite au fait que, lorsqu’elle prend de mes nouvelles ou de celles de mes enfants pour s’assurer que nous allons bien, ou lorsqu’elle m’adresse des félicitations à l’occasion d’un événement, je lui réponds simplement.
Si elle m’envoie un message pour prendre de mes nouvelles ou me féliciter, et que je lui réponds, serai-je pécheresse pour avoir désobéi à mon mari ?
Par ailleurs, je n’arrive pas à accepter la seconde épouse de mon beau-frère et je n’ai aucune relation avec elle. Lorsque je sais qu’elle se trouve dans un endroit, je le quitte afin de ne pas laisser paraître mon malaise à son égard, bien qu’elle ne soit responsable de rien.
Mon mari me dit que cela est interdit, qu’elle fait partie des personnes dont on cherche à gagner le cœur à l’islam (al-mu’allafatu qulûbuhum), qu’il convient de lui montrer que les musulmans se comportent avec bienveillance et que j’aurais dû lui enseigner les préceptes de sa religion.
Ses propos sont-ils fondés ? Suis-je réellement pécheresse parce que je l’évite et que je n’entretiens aucune relation avec elle ?
Qu’Allah vous récompense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si votre mari entend, par le fait de couper toute relation avec cette femme divorcée, un abandon total de tout contact, alors il n’en a pas le droit, et vous n’êtes pas tenue de lui obéir en cela. En effet, il est interdit en islam à un musulman de rompre les liens avec un autre musulman. Ainsi, Abû Ayyûb Al-Ansârî (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Messager d’Allah (
) a dit :
« Il n’est pas permis à un musulman de délaisser son frère plus de trois nuits. Lorsqu’ils se rencontrent, chacun se détourne de l’autre. Le meilleur des deux est celui qui prend l’initiative de saluer son frère. » (Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.)
Par ailleurs, il n’y a pas d’obéissance à une créature lorsqu’il s’agit de désobéir au Créateur. Il est rapporté dans les deux Sahîh, d’après ‘Alî (qu’Allah soit satisfait de lui), que le Prophète (
) a dit :
« Il n’y a pas d’obéissance dans la désobéissance à Allah ; l’obéissance ne vaut que dans ce qui est convenable. »
En revanche, si votre mari entend simplement qu’il ne doit pas exister entre vous et cette femme une relation privilégiée ou étroite, alors il semble — et Allah est plus Savant — qu’il vous incombe de lui obéir. Il peut en effet avoir une raison légitime à cela. Dans le cadre de la bonne gestion de son foyer et afin d’éviter toute gêne ou tension familiale avec son frère, il est en droit de vous demander de maintenir cette relation dans certaines limites. Dès lors, il n’y a aucun mal à répondre à son salut ou à ses messages de manière brève, car cela ne constitue pas le maintien d’une relation particulière.
S’agissant de la seconde épouse, vous n’êtes pas tenue, d’un point de vue religieux, de l’accepter intérieurement. Les sentiments du cœur ne sont pas imputables à la personne, car ils échappent à sa volonté. Allah, Exalté soit-Il, dit :
« Il ne vous sera pas tenu rigueur des erreurs que vous commettez involontairement, mais de ce que vos cœurs ont délibérément voulu. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 33/5).
Une femme n’est pas tenue de se lier d’amitié avec une personne envers laquelle elle n’éprouve aucune affinité, ni de lui témoigner des marques de convivialité qu’elle ne ressent pas. Il n’est donc pas exact de dire, comme l’affirme votre mari, qu’il vous est interdit de l’éviter.
Le fait de vous retirer discrètement afin d’éviter de la mettre mal à l’aise ou de la blesser relève même d’une certaine sagesse.
Cette femme ne fait pas partie des proches parents envers lesquels vous avez l’obligation d’entretenir les liens de parenté. Toutefois, si vous parvenez à l’accepter dans une certaine mesure et à entretenir avec elle une relation limitée, cela pourrait être préférable afin de répondre au souhait de votre mari. Vous gagneriez ainsi son affection et contribueriez à soutenir cette femme dans sa stabilité religieuse, puisqu’elle est récemment entrée en islam.
Et Allah sait mieux.
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