Il est devenu courant chez certains jeunes de qualifier une situation pénible ou une chose désagréable de « zina » (fornication/adultère). Par exemple, à propos d’un cours difficile ou d’une vidéo embarrassante, ils disent : « C’est quoi ce zina ? », alors même que le sujet n’a absolument aucun rapport avec le péché de la fornication.
Quel est le jugement de cette expression ?
Qu’Allah vous récompense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous ne considérons pas comme permis le fait d’exprimer son désaveu ou son mécontentement à l’égard de certaines choses en les qualifiant de « zina », particulièrement lorsqu’il s’agit d’un cours ou d’un enseignement. En effet, cette expression comporte plusieurs éléments répréhensibles :
• elle renferme un mensonge, puisque ce qui est décrit n’a aucun lien avec la fornication ;
• elle porte atteinte injustement à la personne dont la parole ou l’action est ainsi qualifiée ;
• l’emploi d’un terme désignant une turpitude pour parler d’une activité telle que la recherche du savoir constitue une forme de dévalorisation de celui-ci.
Les savants ont déjà réprouvé l’usage de termes obscènes pour désigner des choses que l’on trouve déplaisantes. À plus forte raison est-il interdit d’utiliser de tels termes pour parler d’une chose louable, comme la science religieuse.
L’imam An-Nawawî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :
« La vulgarité consiste à exprimer des choses répréhensibles par des termes explicites, même lorsque ceux-ci sont véridiques et que celui qui les prononce dit vrai. »
Les savants ont également interdit d’attribuer le nom d’un péché à des choses licites. À plus forte raison encore est-il interdit de dénigrer la science bénéfique par de telles expressions.
Il faut ajouter que s’habituer à employer ce genre de langage grossier est contraire à la perfection de la foi. Les spécialistes du hadith ont consacré des chapitres entiers à la mise en garde contre la vulgarité et la grossièreté dans le langage.
Parmi les textes qu’ils ont rapportés figure ce hadith, rapporté par Ahmad et At-Tirmidhî d’après Ibn Mas‘ûd (qu’Allah soit satisfait de lui), dans lequel le Prophète (
) a dit :
« Le croyant n’est ni celui qui critique constamment les autres, ni celui qui maudit, ni celui qui est vulgaire, ni celui qui est grossier dans ses paroles. »
At-Tirmidhî rapporte également d’après Abû Ad-Dardâ’ (qu’Allah soit satisfait de lui) que le Prophète (
) a dit :
« Rien ne sera plus lourd dans la balance du croyant, le Jour de la Résurrection, qu’un bon comportement. Et Allah déteste la personne vulgaire et grossière. »
Abû Dâwûd rapporte quant à lui, d’après ‘Â’ishah (qu’Allah soit satisfait d’elle), que le Prophète (
) a dit :
« Ô ‘Â’ishah, Allah n’aime pas celui qui tient des propos vulgaires ni celui qui recherche délibérément la vulgarité. »
Dans le Sahîh de Mouslim, selon ‘Iyâd ibn Himâr (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète (
) a mentionné, dans un sermon, certaines catégories de gens du Feu, parmi lesquelles :
« ... l’homme grossier et vulgaire dans ses paroles. »
Commentant ce hadith, Ibn Rajab Al-Hanbalî (qu’Allah lui fasse miséricorde) a expliqué :
« Le “fahhâsh” est celui qui est excessivement vulgaire. Dans les deux Sahîh, il est rapporté d’après ‘Â’ishah que le Prophète (
) a dit : “Parmi les personnes occupant la pire position auprès d’Allah le Jour de la Résurrection figure celui que les gens évitent par crainte de sa vulgarité.”
At-Tirmidhî rapporte également d’après Ibn Mas‘ûd que le Prophète (
) a dit : “Allah déteste la personne vulgaire et grossière.”
Quant au grossier (al-badhî’), c’est celui dont la langue se laisse aller à la sottise et aux paroles futiles.
Dans le Musnad, le Prophète (
) a aussi dit : “Il suffit à une personne, comme mal, d’être vulgaire, grossière, avare et lâche.”
Le vulgaire est celui dont les paroles sont grossières, qui s’adresse aux gens avec des propos offensants, des insultes et autres expressions similaires, et qui emploie dans son langage des paroles sottes ou dont la mention est honteuse. »
Ces textes montrent que la vulgarité est une cause de l’aversion d’Allah envers Son serviteur et qu’elle fait partie des caractéristiques pouvant conduire au châtiment.
Les jeunes doivent donc s’efforcer de délaisser ce type d’expressions et d’habituer leur langue à un langage respectueux et convenable.
Et Allah sait mieux.
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