Je suis une femme pratiquante, louange Ă Allah, et je crains de Lui dĂ©sobĂ©ir en quoi que ce soit. Je travaille dans un pays Ă©loignĂ© de mes enfants afin dâassurer les moyens de subsistance et les frais de leurs Ă©tudes. Ma santĂ© nâest pas bonne Ă cause dâune maladie auto-immune rĂ©sultant de lâĂ©tat psychologique que je subis constamment Ă cause de mon mari, qui, durant toute notre vie conjugale, pratique envers moi ce que lâon appelle le « silence punitif ». MĂȘme lorsque je traverse les moments les plus difficiles, il ne manifeste ni compassion ni misĂ©ricorde Ă mon Ă©gard.
Câest toujours moi qui fais le premier pas vers lâaffection et le rapprochement, mais il sâest habituĂ© Ă cette situation, au point que je suis dĂ©sormais lassĂ©e de cette maniĂšre dâagir.
À prĂ©sent, nous approchons des dix premiers jours de Dhoul-Hijja, et je crains que mes Ćuvres pieuses ne soient pas acceptĂ©es alors que nous sommes en conflit.
Sachant que jâai dĂ©cidĂ© de demander le divorce, car mon mari nâassume aucun rĂŽle envers moi : il ne subvient pas Ă mes besoins, et me prive mĂȘme de mes droits conjugaux lĂ©gitimes lorsque je suis en congĂ©, en guise de punition. Toute ma vie est devenue une souffrance, malgrĂ© le fait que je le traite avec bienveillance dans lâespoir dâobtenir lâagrĂ©ment dâAllah.
À prĂ©sent, rien ne mâimporte davantage que la satisfaction dâAllah envers moi. Est-ce que je porte une quelconque faute dans cette situation ?
QuâAllah vous rĂ©compense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons à Allah, le Très-Haut, de t’assister, de te fortifier, d’apaiser ton cœur, de te guérir et de t’accorder la santé, et qu’Il te récompense abondamment pour ta patience et les efforts que tu fournis dans ton éloignement pour le bien de tes enfants.
Si la réalité est bien telle que tu l’as décrite, à savoir que ton mari exerce sur toi ce que tu as appelé un « silence punitif », qu’il ne subvient pas à tes besoins et te prive de tes droits légitimes, alors le péché lui incombe et non à toi. En effet, il n’est pas permis à un mari de délaisser son épouse, sauf s’il existe une justification religieusement valable, comme un comportement de rébellion conjugale (nouchouz).
Par ailleurs, une telle attitude constitue une mauvaise conduite dans la vie conjugale et va à l’encontre de la directive divine :
« Et comportez-vous convenablement envers elles. » (Coran 4/19)
Elle est également contraire à ce qui est rapporté dans un hadith transmis par At-Tirmidhi, d’après Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle), selon laquelle le Messager d’Allah (
) a dit :
« Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers sa famille, et je suis le meilleur d’entre vous envers ma famille. »
Si, de ton côté, tu prends l’initiative de lui adresser la parole ou de le saluer, les hadiths contenant une menace à l’égard de celui qui rompt les liens avec son frère ne te concernent pas ; de même, ceux évoquant la suspension de la présentation des œuvres à Allah ne s’appliquent pas à toi. Voir la fatwa n° 236374 .
Nous te conseillons également de ne pas te hâter dans la demande de divorce. Il est préférable de faire intervenir des personnes sages et raisonnables de ta famille ainsi que de celle de ton mari afin qu’elles œuvrent à une réconciliation. Allah, le Très-Haut, dit :
« Si vous craignez une rupture entre eux, envoyez alors un arbitre de sa famille et un arbitre de la famille de l’épouse. S’ils désirent sincèrement la réconciliation, Allah établira l’entente entre eux. Certes, Allah est Omniscient et Parfaitement Informé. » (Coran 4/35)
Et Allah sait mieux.
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