Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le principe qui régit l’usage de l’exemplaire du Noble Coran est de le traiter avec vénération et respect, en le préservant de tout ajout susceptible d’être pris pour une partie du texte coranique ou d’en altérer le texte et la graphie.
Il est permis de consigner dans les marges de l’exemplaire mentionné des rapprochements entre les passages, des observations utiles, des explications, le sens des termes peu courants et des repères de mémorisation. Cet exemplaire a, en effet, été spécialement imprimé à cet usage, avec un cadre séparant clairement le texte coranique des marges réservées aux annotations. Le risque de confusion et de mélange est ainsi écarté.
Les savants ont autorisé les annotations marginales qui contribuent à la compréhension, à l’apprentissage et à la maîtrise du Coran.
Ibn Hadjar al-Haytamî a dit dans Al-Fatâwâ al-hadîthiyya :
« Il est permis d’annoter les marges de l’exemplaire du Coran en y consignant des explications et des variantes de lecture, comme on annote les livres. Toutefois, conformément à ce qui précède au sujet des annotations dans les livres, il convient de se limiter aux éléments importants se rapportant au texte du Coran, à l’exclusion, par exemple, des récits et des analyses grammaticales singulières. » Fin de citation.
Les savants ont distingué les annotations inscrites dans une marge clairement séparée du texte de l’insertion d’explications entre les lignes des versets. Djalâl ad-Dîn as-Suyûtî rapporte ainsi, dans Al-Itqân fî ‘ulûm al-Qur’ân, ces propos de l’imam Abû Bakr al-Djurdjânî, de l’école chaféite, tirés de son ouvrage Ach-Châfî :
« Parmi les pratiques blâmables figure le fait d’écrire l’explication des mots du Coran entre ses lignes. » Fin de citation.
Cette réprobation vise à éviter de mêler les paroles humaines au texte coranique, risque qui n’existe pas lorsque les annotations sont consignées dans des marges distinctes.
Par ailleurs, il n’est pas obligatoire de se limiter au crayon à papier : l’écriture à l’encre est également permise. Le crayon peut toutefois être préférable parce qu’il s’efface facilement si l’on souhaite rendre à l’exemplaire son état initial, ou si l’on craint qu’une encre de mauvaise qualité n’abîme les pages. En revanche, si l’objectif est de conserver durablement ces observations et ces rapprochements, dans une écriture claire et ordonnée, pour pouvoir les consulter au besoin ou en faire bénéficier d’autres personnes après vous, l’écriture à l’encre est alors préférable.
Il est également permis de surligner les mots ou les versets similaires à l’aide de surligneurs fluorescents produisant une teinte légère et transparente, afin d’en faciliter la mémorisation et la maîtrise. Rien ne l’interdit religieusement lorsque cela vise l’apprentissage, puisque ce surlignage n’efface pas les mots et ne modifie pas la graphie coranique, dès lors qu’il s’agit de votre exemplaire personnel.
Veillez à ce que le surlignage reste léger et transparent, de sorte que les lettres et leurs signes vocaliques demeurent parfaitement lisibles.
Il est aussi permis d’ajouter des numéros ou des signes discrets pour établir des liens entre les versets similaires, par exemple un chiffre indiquant le nombre de répétitions d’un terme ou le numéro de la sourate contenant un passage similaire. Il est préférable de placer ces indications dans la marge, en regard du verset, ou entre de petites parenthèses, en évitant d’insérer tout trait ou chiffre entre les mots d’une ligne coranique, afin de préserver la graphie du Coran de toute interférence.
Et Allah sait mieux.