Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Vous avez bien agi en prenant l’initiative de la réconciliation et de la salutation, et en pardonnant le tort subi. Votre récompense sera immense et votre rétribution abondante, si Allah le veut. Allah, le Très-Haut, dit :
« Quiconque pardonne et rétablit la concorde trouvera sa récompense auprès d’Allah. Il n’aime certes pas les injustes. » (Coran 42/40)
Vous avez ainsi obtenu le mérite d’être la meilleure des deux, conformément à cette parole du Prophète (
) :
« Il n’est pas permis à un musulman de rompre ses relations avec son frère pendant plus de trois jours : lorsqu’ils se rencontrent, chacun se détourne de l’autre. Le meilleur des deux est celui qui salue l’autre en premier. » Rapporté par al-Boukhârî et Mouslim.
Prendre l’initiative de la réconciliation et pardonner à celui qui nous a fait du tort ne constitue ni une faiblesse ni un avilissement. Cela témoigne, au contraire, de la force de la foi, de la noblesse de caractère, du courage et de la maîtrise de soi face aux incitations de Satan à semer la discorde. Cette attitude ne fait qu’accroître votre dignité. Le Prophète (
) a dit :
« L’aumône ne diminue en rien les biens. Allah ne fait qu’accroître la dignité du serviteur qui pardonne. Et quiconque fait preuve d’humilité envers Allah, Allah l’élève. » Rapporté par Mouslim.
Al-Tirmidhî rapporte également que le Prophète (
) a dit :
« Il est trois choses dont je jure de la véracité, et je vais vous transmettre un enseignement : retenez-le. Quant aux trois choses dont je jure de la véracité : l’aumône ne diminue pas les biens d’un serviteur ; aucun serviteur ne subit une injustice et ne la supporte avec patience sans qu’Allah, le Puissant et le Majestueux, n’accroisse par cela sa dignité ; et aucun serviteur n’ouvre la porte de la mendicité sans qu’Allah ne lui ouvre une porte de pauvreté. »
Quant aux accusations qu’elle porte contre vous concernant des actes que vous n’avez pas commis, elles constituent une grave injustice et une calomnie interdite. Allah, le Très-Haut, dit :
« Ceux qui offensent les croyants et les croyantes pour des actes qu’ils n’ont pas commis se chargent d’une calomnie et d’un péché manifeste. » (Coran 33/58)
Si vous renoncez à votre droit en lui pardonnant, vous obtenez ainsi une récompense et une rétribution, et elle n’a plus à répondre du droit auquel vous avez renoncé. Toutefois, le droit d’Allah, le Très-Haut, demeure : elle devra répondre de sa désobéissance envers Lui pour avoir commis cette injustice et cette calomnie, à moins qu’elle ne s’en repente sincèrement et ne cesse ce comportement blessant.
Si cette amitié ou cette fréquentation vous expose de manière répétée à une souffrance psychologique, à des injustices ou à des accusations infondées, il n’y a aucun mal à l’éviter et à prendre vos distances, en réduisant vos contacts et en fixant des limites qui empêchent le renouvellement des conflits et des accusations. Vous pouvez vous contenter de lui rendre sa salutation lorsque vous vous rencontrez, ou de maintenir un minimum de bienveillance dans vos rapports, sans la fréquenter davantage. Vous ne commettez aucun péché en agissant ainsi après avoir tenté de rétablir la concorde.
Ibn ‘Abd al-Barr a dit dans al-Tamhîd :
« Les savants sont unanimes sur le fait qu’il n’est pas permis à un musulman de rompre ses relations avec son frère pendant plus de trois jours, sauf s’il craint que le fait de lui parler et d’entretenir des relations avec lui ne compromette sa religion ou ne lui cause un préjudice dans sa religion ou dans sa vie d’ici-bas. Dans ce cas, il lui est permis de l’éviter et de prendre ses distances. Une séparation menée avec bienséance vaut parfois mieux qu’une fréquentation nuisible. » Fin de citation.
Ibn Muflih a dit dans al-Âdâb al-shar‘iyya :
« Il est recommandé de prendre ses distances avec celui qui commet ouvertement des péchés dans ses actes, ses paroles ou ses croyances. Ahmad a dit, selon une version rapportée par Hanbal : “Lorsqu’une personne sait que l’autre persiste dans son péché, elle ne commet aucun péché en prenant ses distances avec lui jusqu’à ce qu’il y renonce. Sinon, comment cet homme prendrait-il conscience de sa conduite s’il ne voit chez son ami ni désapprobation ni prise de distance ?” » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.