Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il ne vous appartient nullement de vous opposer à sa décision en la matière, car il s'agit d'un patrimoine dont elle a l'entière et exclusive propriété. De plus, il apparaît manifestement que la dépense engagée pour votre sœur répond aux nécessités propres de la mère elle-même, compte tenu de ce que vous avez mentionné concernant son grand âge, son incapacité physique et sa faiblesse.
Si votre sœur bénéficie ainsi de l'opportunité d'accomplir le pèlerinage, cela relève de la grâce qu'Allah lui accorde, eu égard en contrepartie aux pénibles obligations de piété filiale (birr), de prise en charge et d'assistance qu'elle assumera auprès de sa mère tout au long du voyage du Hajj.
Quant au fait qu'elle vous ait déclaré que cet or constituerait un héritage, cette simple déclaration ne crée aucun droit acquis à votre profit. En droit successoral musulman, l'héritage ne s'ouvre et ne s'établit légalement qu'au décès effectif du disposant (al-mouwarrit), au bénéfice exclusif des héritiers qui lui survivent.
On ne saurait lui reprocher son intention initiale de le réserver à la succession : cela témoigne de la générosité de son cœur et de son souhait de faire bénéficier ses héritiers de ses bijoux en or, bien qu'elle en soit plus légitime qu'eux de son vivant.
Dès lors, le fait qu'elle ait préféré ne pas le dissiper dans les dépenses courantes terrestres afin de le préserver pour ses futurs héritiers n'implique nullement qu'il lui soit interdit d'en disposer pour ses besoins propres en règle générale. Elle en a parfaitement le droit ; et ce droit est encore plus indiscutable lorsqu'elle l'affecte aux nécessités requises pour accomplir l'obligation de son pèlerinage et à la prise en charge de la personne indispensable pour l'assister dans l'exécution de ce pilier religieux.
Et Allah sait mieux.