Travailler dans une société de règlement des prêts bancaires : entre permission et interdiction

24-9-2026 | IslamWeb

Question:

Une société recrute des employés, et je souhaite savoir s’il est religieusement permis d’y travailler. Ses employés contactent des personnes pour leur proposer des services de règlement de leurs dettes et de leurs prêts bancaires. Ils négocient avec la banque et facilitent le règlement du prêt.
Le travail dans cette société est-il permis ou relève-t-il des activités interdites ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Le jugement dépend de la nature des accords de règlement conclus par cette société. Si son activité se limite à négocier avec les banques une réduction de la dette, ou la suppression des intérêts et des pénalités dus par des débiteurs en difficulté, afin qu’ils remboursent le capital sans supplément ni conclusion d’un nouveau contrat comportant des intérêts usuraires, il n’y a pas de mal à y travailler. Il s’agit alors d’une médiation visant à parvenir à un accord, à libérer le débiteur de sa dette et à supprimer ou atténuer une injustice.


La médiation en vue d’une réduction de dette est illustrée par le récit suivant, rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim d’après Ka‘b ibn Mâlik : celui-ci réclamait à Ibn Abî Hadrad le remboursement d’une dette, dans la mosquée, à l’époque du Messager d’Allah (). Leurs voix s’élevèrent au point que le Messager d’Allah () les entendit depuis sa demeure. Il sortit, écarta le rideau de sa chambre et appela Ka‘b ibn Mâlik : « Ô Ka‘b ! » Celui-ci répondit : « À tes ordres, ô Messager d’Allah. » Le Prophète () lui fit signe de renoncer à la moitié de sa créance. Ka‘b dit : « Je l’ai fait, ô Messager d’Allah. » Le Messager d’Allah () dit alors à l’autre homme : « Lève-toi et rembourse-le. »
An-Nawawî écrit dans son commentaire du Sahîh Muslim que ce récit enseigne la possibilité « d’intercéder auprès du détenteur d’un droit, de réconcilier les parties en litige, d’intervenir avec bienveillance entre elles et d’accepter une intercession qui ne porte pas sur une désobéissance ». Fin de citation.


En revanche, si le rôle de la société et de ses employés consiste à négocier un rééchelonnement des prêts bancaires assorti de nouveaux intérêts usuraires, ou à mettre en place un nouveau financement usuraire pour rembourser l’ancien prêt, ce travail est assurément interdit.
Il est indiqué dans les Normes religieuses : « Il n’est pas permis de reporter l’échéance d’une dette en contrepartie d’une augmentation de son montant — ce qu’on appelle le rééchelonnement de la dette —, que le débiteur soit aisé ou en difficulté. » Fin de citation.
Dans ce cas, travailler pour cette société revient à contribuer directement à une opération usuraire et à sa formalisation. Allah, exalté soit-Il, dit : « Ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Craignez Allah, car Allah est certes sévère en punition. » (Coran 5/2) Il est également établi dans un hadith authentique que le Messager d’Allah () a maudit celui qui perçoit les intérêts usuraires, celui qui les verse, celui qui en rédige le contrat et ses deux témoins, puis a dit : « Ils sont tous égaux. »
Étant donné que les sociétés actuelles de règlement des prêts traitent généralement des opérations bancaires classiques comprenant des intérêts, des pénalités et des refinancements usuraires, il faut vérifier soigneusement la nature et les modalités de l’activité de cette société avant d’y accepter un emploi, afin d’éviter les situations douteuses et toute participation à l’usure.


Et Allah sait mieux.

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