Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La femme a l’obligation religieuse de refuser de rester dans une assemblée où l’on consomme de l’alcool. Son souci de respecter cette obligation est une œuvre vertueuse qui devrait inciter son mari à rester attaché à elle et à bien la traiter, non à divorcer d’elle, même si elle souhaitait elle-même le divorce. Qu’en est-il donc lorsqu’elle en souffre ?!
Le mari qui divorce d’une femme vertueuse parce qu’elle s’éloigne d’un acte répréhensible et refuse de lui obéir dans le péché va à l’encontre de l’exhortation du Prophète (
) à rechercher une femme attachée à la religion. Il est rapporté dans un hadith authentique :
« On épouse une femme pour quatre raisons : pour sa richesse, sa lignée, sa beauté et sa religion. Choisis donc celle qui est attachée à sa religion, puisses-tu réussir ! » Hadith unanimement reconnu authentique.
Divorcer d’une femme sans motif valable est réprouvé selon certains savants et interdit selon d’autres. Il est mentionné dans Ad-Durr Al-Mukhtâr et dans la glose d’Ibn ‘Âbidîn : « Concernant le divorce, le principe qui s’y applique est l’interdiction, c’est-à-dire qu’il est interdit sauf lorsqu’une circonstance justifie qu’il soit permis. » Fin de citation.
Ibn Qudâma — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit dans Al-Mughnî, en exposant les différentes catégories du divorce : « […] Il peut être réprouvé : c’est le cas du divorce prononcé sans qu’il soit nécessaire. »
Al-Qâdî a dit : « Il existe deux avis rapportés à ce sujet. Selon le premier, il est interdit, car il cause un préjudice à l’homme lui-même ainsi qu’à son épouse, et anéantit sans nécessité l’intérêt que tous deux tiraient du mariage. Il est donc interdit, tout comme la dilapidation des biens, en vertu de la parole du Prophète (
) : “Il ne faut ni causer de préjudice ni répondre au préjudice par un autre.” » Fin de citation.
Le cheikh Taqî Ad-Dîn Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Le principe concernant le divorce est qu’il est interdit ; seule en a été permise la mesure requise par la nécessité. » Fin de citation tirée de Majmû‘ Al-Fatâwâ.
Nous conseillons à la femme, si son mari divorce d’elle, de ne pas s’affliger démesurément ni désespérer. Il se peut qu’Allah lui accorde en compensation quelque chose de meilleur. Allah, exalté soit-Il, dit :
« S’ils se séparent, Allah accordera à chacun d’eux de Ses largesses. » (Coran 4/130)
Al-Qurtubî — qu’Allah lui fasse miséricorde — a expliqué dans son exégèse : « Cela signifie que, s’ils ne parviennent pas à se réconcilier et se séparent, qu’ils pensent tous deux du bien d’Allah. Il se peut qu’Allah accorde à l’homme une femme qui réjouira son cœur, et à la femme un homme qui lui assurera une vie aisée. » Fin de citation.
Il convient enfin de préciser que le divorce prononcé avant la consommation du mariage est un divorce irrévocable. L’homme ne peut donc reprendre son ancienne épouse qu’au moyen d’un nouveau contrat de mariage remplissant toutes les conditions requises pour sa validité.
Et Allah sait mieux.