Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il apparaît qu'il n'y a aucun grief à traduire le prénom d'une personne ou son nom de famille, en particulier lorsqu'un besoin valable le justifie. En effet, le nom de famille mentionné est un simple qualificatif professionnel devenu un patronyme familial. Or, à l'époque des Pieux Prédécesseurs, l'affiliation aux cités était très fréquente — telles que Al-Madanî (le Médinois), Al-Makkî (le Mécquois), Al-Baghdâdî (le Bagdadien) —, de même que l'affiliation aux corps de métiers — comme Al-Bazzâz (le Marchand de tissus), Al-Qattân (le Cotonnier), Al-Haddâd (le Forgeron) et autres —, dès lors qu'un motif l'exigeait. Ils ne considéraient pas le changement de ces qualificatifs comme une altération de la filiation réelle.
Al-Khattâbî a dit dans A'lâm al-Hadîth :
« [...] L'affiliation aux contrées et aux patries, ainsi que l'affiliation aux métiers et aux professions : il est permis, pour chacune de ces deux catégories, d'en changer pour en adopter une autre. [...] Un résident dans une ville peut s'y affilier si son séjour s'y prolonge et qu'il se fait connaître parmi les gens sous cette appellation, une coutume constante dans les temps anciens comme modernes. [...] Quant à l'adoption de nouveaux patronymes et titres fondés sur les professions et métiers, la latitude y est encore plus grande. » [Fin de citation].
Cependant, cela est conditionné par le fait que le nom traduit ne devienne pas le nom propre d'une famille connue, ce qui prêterait à confusion en suggérant une fausse filiation vers celle-ci. De véritables mises en garde et menaces pèsent sur un tel acte. Al-Boukhari et Mouslim ont en effet rapporté d'après Sa'd ibn Abî Waqqâs — qu'Allah soit satisfait de lui — qu'il a entendu le Prophète (
) dire :
« Quiconque se prétend rattaché à autre que son père tout en sachant qu'il n'est pas son père, le Paradis lui est interdit. »
Ibn Daqîq al-'Id a déclaré dans Ihkâm al-Ahkâm (en expliquant le hadîth d'Abû Dharr — qu'Allah soit satisfait de lui — : « Il n'est pas un homme qui se réclame d'un autre que son père... ») :
« Ce hadîth prouve l'interdiction de renier sa filiation établie et de s'attribuer une filiation autre. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un grand péché en raison des immenses préjudices qui en découlent. » [Fin de citation].
Quant à la traduction du prénom, ou même son changement, cela ne comporte aucun grief.
Et Allah sait mieux.