Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L’exposition des parties intimes (‘awra) lors de la prise de photos, si elles sont vues par des personnes qui n’ont pas le droit de les voir, ou s’il est fortement probable que cela se produise à l’avenir, constitue un motif d’interdiction de la photographie.
Par ailleurs, ce que la questionneuse a qualifié de « positions intimes » ne doit en aucun cas être vu par quiconque en dehors des deux époux, en raison de l’atteinte à la pudeur, de la perte de dignité et des causes de tentation que cela engendre, que le photographe soit un homme ou une femme. Il convient donc de s’abstenir de telles pratiques, ainsi que de leur présence et de leur approbation.
Si le simple fait de parler de ce qui se passe entre les époux est sévèrement interdit, alors à plus forte raison le fait de le faire devant les gens et de le photographier pour qu’il soit diffusé. Dans le Sahîh de Muslim, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète (
) a dit :
« Parmi les pires personnes auprès d’Allah, le Jour de la Résurrection, il y a l’homme qui a des relations intimes avec son épouse, puis divulgue ses secrets. »
Abû al-‘Abbâs al-Qurtubî a expliqué :
« Le sens visé par ce hadith est que l’homme vit avec son épouse dans une intimité et des situations dont il est honteux de faire mention ou de parler. La jalousie pousse à les dissimuler, et leur divulgation entraîne une honte auprès des gens de dignité et de pudeur.
Si quelqu’un en parle et le rend public, il aura dévoilé l’intimité de lui-même et de son épouse. Il n’y a en effet aucune différence entre exposer cela aux regards et l’exposer à l’ouïe, car dans les deux cas, cela permet d’accéder à ce qui doit être caché.
C’est pourquoi le Prophète (
) a dit : “Qu’une femme ne décrive pas une autre femme à son mari au point qu’il la voie comme s’il la regardait.”
S’il est nécessaire d’évoquer quelque chose de cela, qu’on le fasse de manière vague, non explicite, selon le besoin et la nécessité… Quant au fait de l’exprimer clairement et en détail, cela ne relève ni des nobles caractères ni des qualités des gens de religion. »
Les juristes ont également mentionné qu’il est réprouvé d’embrasser son épouse ou d’avoir des gestes intimes avec elle devant les gens, et ils ont considéré cela comme une atteinte à la dignité.
Ibn Qudâmah a dit :
« Il ne doit pas l’embrasser ni avoir de gestes intimes avec elle en présence des gens. »
L’imam Ahmad a dit :
« J’aime qu’il dissimule tout cela. »
Al-Hajjâwî a dit :
« Il est réprouvé qu’il l’embrasse ou ait des gestes intimes avec elle en présence des gens. »
Al-Buhûtî a expliqué :
« Car cela relève de la bassesse. »
An-Nawawî a compté parmi les atteintes à la dignité :
« Le fait d’embrasser son épouse en présence des gens. »
Ad-Damîrî a précisé :
« Cela n’émane que d’une personne de basse moralité. »
Ibn Hajar al-Haytamî a affirmé qu’embrasser son épouse ou poser la main sur son corps en présence des gens ou d’étrangers constitue une atteinte à la dignité, et que cela n’est fait que par quelqu’un dépourvu de noblesse morale.
Ar-Ramlî a également considéré que cela indique une bassesse morale.
Il a été précisé que cette interdiction vaut même en présence des proches parents (mahrams).
Les malikites ont en outre stipulé qu’il est interdit de réunir deux épouses dans un même lit, même sans rapport intime.
Ils ont également mentionné qu’il est réprouvé pour l’homme — comme pour la femme — de raconter ce qui se passe dans l’intimité conjugale.
Si le simple fait de le raconter est réprouvé, alors que dire de l’exposer publiquement devant les gens !
Le cheikh Muhammad ibn Ibrâhîm a dit :
« Certaines personnes — qu’Allah nous en préserve — vont jusqu’à embrasser leur épouse devant les gens, et cela n’est pas permis. »
Quant au fait de payer pour des photos qui pourraient être prises gratuitement avec un téléphone, il n’y a pas de mal à cela si la photographie elle-même est permise. Le critère est donc la licéité de l’acte, et non le fait qu’il puisse être réalisé sans frais.
Et Allah sait mieux.