Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il incombe à l'époux d'observer une stricte équité entre ses épouses, tout particulièrement en matière de partage des nuitées (al-mabît). Ibn Hazm — qu'Allah lui fasse miséricorde — a affirmé dans Al-Muhallâ :
« L'équité entre les épouses est une obligation légale, et elle s'applique principalement à la répartition des nuits. » (Fin de citation).
Dès lors, si l'époux envisage de voyager, il lui incombe — selon l'avis prépondérant — de recourir au tirage au sort entre ses épouses ; celle que le sort désigne l'accompagne alors dans son voyage. En effet, les deux imams (Al-Boukhari et Mouslim) ont rapporté d'après 'A'ishah — qu'Allah soit satisfait d'elle — :
« Lorsque le Messager d'Allah (
) voulait entreprendre un voyage, il tirait au sort entre ses femmes ; celle désignée par le sort partait avec lui. »
Il est consigné dans L'Encyclopédie jurisprudentielle koweïtienne (Al-Mawsû'ah al-Fiqhiyyah al-Kuwaytiyyah) :
« Les jurisconsultes ont divergé au sujet de l'homme désireux de voyager avec l'une de ses épouses : en a-t-il la liberté de plein droit, ou cela requiert-il impérativement l'accord des autres épouses ou le tirage au sort ?
Les Hanafites ainsi que les Malikites (dans l'ensemble) ont soutenu que l'époux a le droit de voyager avec celle qu'il souhaite parmi ses femmes, sans tirage au sort ni consentement préalable des autres épouses...
En revanche, les Chaféites et les Hanbalites se sont accordés sur le fait qu'il n'est pas permis à l'époux de voyager avec une partie de ses épouses — qu'il s'agisse d'une seule ou de plusieurs — sans l'accord des autres ou sans recours au tirage au sort... Ils ont ajouté : s'il voyage avec une ou plusieurs d'entre elles après tirage au sort ou avec leur consentement mutuel, il n'est nullement tenu de compenser les nuitées manquées au profit de celles qui sont restées sur place. » (Fin de citation).
Dans l'éventualité où une compensation s'avère due à l'autre épouse, le mari n'est pas tenu de lui laisser le choix du moment du rattrapage, pas plus qu'il n'est astreint à effectuer ces nuitées de manière consécutive. Il lui suffit d'ajouter un ou deux jours au tour de rôle habituel de l'épouse bénéficiaire jusqu'à apurement total du passif.
À ce propos, Cheikh Zakariyyâ Al-Ansârî a précisé dans Asnâ al-Matâlib :
« Et il ne les cumule pas de manière ininterrompue — c'est-à-dire les nuits de compensation — : il ne doit donc pas passer toutes ces nuits d'affilée chez chacune des autres épouses, mais doit au contraire les échelonner. Il établira ainsi des tours de trois nuits au maximum, voire moins, jusqu'à parfait accomplissement de la compensation. » (Fin de citation).
Et Allah sait mieux.