Après m’être rendu à La Mecque pour rendre visite à mon frère, l’idée m’est venue, une fois arrivé, d’accomplir une ‘umra pour mon grand-père. Comme j’étais rentré très fatigué la veille, je me suis dit : « Je reporterai la ‘umra au lendemain après-midi, si Allah le veut. »
J’ai alors dormi un peu, puis mon frère m’a réveillé pour la prière de l’aube. Lorsque je l’ai vu prier, je ne sais pas comment, j’ai été saisi d’un certain enthousiasme alors que j’étais dans un état de semi-inconscience, et j’ai dit : « Me voici pour accomplir une ‘umra au nom de mon grand-père », en m’imaginant à cet instant que la ‘umra consistait uniquement à accomplir deux unités de prière. Pourtant, je sais comment accomplir la ‘umra, mais j’ignore ce que je m’étais imaginé à ce moment-là .
Après avoir prononcé ces paroles, j’ai pleinement pris conscience de la situation et me suis également rendu compte que je ne portais pas les vêtements de l’ihrâm. J’en ai été très attristé, car je n’ai actuellement pas les moyens de faire le sacrifice expiatoire, étant déjà endetté. Dois-je donc offrir un sacrifice expiatoire ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si, lorsque vous êtes entré en état de sacralisation pour cette ‘umra, vous étiez privé de discernement, votre ihrâm n’a pas été valablement contracté. En effet, la raison est l’une des conditions de validité de l’entrée en état de sacralisation pour la ‘umra, car elle constitue le fondement de la responsabilité religieuse. Or, l’ihrâm consiste à former l’intention d’entrer dans le rite, et l’intention d’une personne privée de discernement n’est pas valable.
C’est pourquoi l’ihrâm du dément, de l’homme ivre et de toute personne se trouvant dans un état similaire n’est pas valable. Or, l’état que vous avez décrit à votre sujet s’apparente à cela.
Al-Bahûtî a dit dans Sharh al-Iqnâ‘ : « Il ne sort pas de l’état de sacralisation en raison de la démence, de l’évanouissement, de l’ivresse ou de la mort, conformément au hadith relatif à l’homme en état de sacralisation que sa monture avait fait tomber et qui était mort. De même, l’ihrâm n’est pas valablement contracté en présence de l’un de ces états — la démence, l’évanouissement ou l’ivresse —, car la personne n’est alors pas apte à former une intention. Une partie de cela a déjà été expliquée précédemment. » Fin de citation.
Vous comprenez ainsi que, dès lors que votre état était bien tel que vous l’avez décrit, votre ihrâm pour cette ‘umra n’a pas été valablement contracté et rien ne vous incombe.
Si, alors que vous vous trouvez à La Mecque, vous souhaitez entreprendre une ‘umra pour vous-même ou pour autrui, vous devez sortir du territoire sacré pour vous rendre à la limite extérieure de celui-ci — à at-Tan‘îm ou ailleurs —, puis entrer en état de sacralisation depuis cet endroit.
En revanche, si vous aviez conscience de ce que vous disiez, le fait d’être entré en état de sacralisation depuis La Mecque signifie que vous avez délaissé l’une des obligations de la ‘umra, à savoir entrer en état de sacralisation depuis le lieu prescrit. Vous devez alors offrir un sacrifice expiatoire à La Mecque, dont la viande sera distribuée aux pauvres du territoire sacré.
Et Allah sait mieux.
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