Mon Ă©pouse Ă©coute une cassette dans la voiture le matin. Celle-ci comprend les invocations du matin et du soir psalmodiĂ©es par une femme. Est-il permis Ă un homme d'Ă©couter le son de la voix d'une femme dans les mĂ©dias ? Je n'ai pas trouvĂ© en Arabie Saoudite l'enregistrement d'une confĂ©rence faite par une femme. J'aimerais que vous mâindiquiez la prescription de la Charia Ă ce sujet et plus prĂ©cisĂ©ment car Allah, exaltĂ© soit-Il a prĂ©servĂ© l'honneur de la femme en ne mentionnant pas de nom de femme dans le Coran Ă l'exception de celui de Maryam (qu'Allah soit satisfait d'elle) pour une raison prĂ©cise.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
En principe, il est permis d'écouter le son de la voix d'une femme non Mahram tant qu'il n'y a pas de complaisance dans son langage et que cela ne conduit pas à une tentation.
'Âicha (
) a dit : « AbĂ» Bakr est entrĂ© chez moi alors que deux jeunes filles Ansarites chantaient (les poĂ©sies) que les AnsĂąrs avaient rĂ©citĂ©es lors de la bataille de BuâĂąth (qui s'est dĂ©roulĂ©e entre les deux tribus al-âAws et al-khazradj). Elles n'Ă©taient pas des chanteuses. AbĂ» Bakr dit alors : âComment, des chants diaboliques dans la maison du Messager dâAllah (
) !â Le Messager dâAllah (
) dit alors : âÔ AbĂ» Bakr ! Chaque peuple a sa fĂȘte et câest aujourdâhui la notre.â » (Boukhari et Mouslim)
Ce qui nous intéresse dans le hadith, c'est le fait que le ProphÚte (
) a écouté les chants des deux jeunes filles et blùma Abû Bakr pour les avoir réprimandées.
Al-HĂąfizh ibn Hadjar a dit en faisant le commentaire de ce hadith : « On se base sur ce hadith pour dire qu'il est permis d'Ă©couter les chants des deux jeunes filles mĂȘme si elles ne sont pas des esclaves car le ProphĂšte (
) n'a pas blĂąmĂ© AbĂ» Bakr pour avoir Ă©coutĂ© leurs chants mais pour les avoir rĂ©primandĂ©es et celles-ci continuĂšrent Ă chanter... Il est connu que la permission concerne le cas oĂč l'on est Ă l'abri de la tentation. »
Les hadiths indiquant la permission d'Ă©couter la voix d'une femme non Mahram si on est Ă l'abri de la tentation sont nombreux. Nous attirons votre attention sur le fait que cela est permis lorsqu'on est Ă l'abri de la tentation et qu'il n'y a pas de complaisance dans le langage de la femme. Or, il ne fait aucun doute que nous vivons Ă une Ă©poque oĂč les tentations sont nombreuses, et oĂč le mal et les maladies liĂ©es aux dĂ©sirs charnels sont rĂ©pandues. Il est probable que le fait qu'un homme Ă©coute une femme psalmodier les invocations rĂ©veille en lui des dĂ©sirs enfouis. Par consĂ©quent, les hommes ne doivent pas Ă©couter ce genre d'enregistrements afin dâĂ©viter la tentation et tout ce qui peut conduire Ă s'attacher aux femmes non Mahrams.
Pour finir, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que votre parole « Allah, exalté soit-Il, a préservé l'honneur de la femme en ne mentionnant pas de nom de femme... » comporte une certaine exagération. Il n'est pas vrai que mentionner le nom d'une femme est une atteinte à l'honneur de celle-ci. En effet, nous avons été informés des noms des épouses du ProphÚte (
) nous ont Ă©tĂ© donnĂ©s ainsi que ceux de ses filles et les noms des Ă©pouses de nombreux Compagnons. Il faut donc faire attention de ne pas parler dâAllah sans connaissance.
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