Je voudrais poser une question Ă propos de Al-âIsmah (l'autorisation de terminer la relation conjugale) En effet, lors de mon mariage, jâai demandĂ© quâAl-`Ismaa me soit accordĂ©e et mon mari nâa pas refusĂ© ; cependant il mâa dit que lâIslam ne reconnaissait pas ce terme, mais quâil existait un autre terme : At-Tafwiidh (la dĂ©lĂ©gation) câest-Ă -dire que lâhomme pouvait dĂ©lĂ©guer Ă la femme le droit de terminer le contrat de mariage et avoir le divorcer dâavec son mari ou non. Je veux donc savoir quelle est la diffĂ©rence entre Al-`Ismah et At-Tafwiidh? Je veux aussi savoir quelle est la nuance entre les deux termes en matiĂšre de droits et de devoirs ? Par ailleurs, sachant que ce concept est mal vu dans notre sociĂ©tĂ© musulmane, je voulais savoir sâil Ă©tait honteux ou illicite que la femme demande que le droit de divorcer lui soit confĂ©rĂ© ? Merci dâavance.
Louange Ă Allah. Paix et Salut sur Son ProphĂšte.
Le terme `Ismah dĂ©signe le lien conjugal. Allah, ExaltĂ© soit-Il, dit (le sens du verset): « Et ne gardez pas les Ismah (de liens conjugaux) avec les mĂ©crĂ©antes ». Les exĂ©gĂštes disent que le mot `Ismah signifie dans ce verset: « le mariage ». Et ils ajoutent: « Allah demande aux croyants dâabandonner leurs Ă©pouses mĂ©crĂ©antes et leurs liens conjugaux ne sont pas reconnus » (Al-Mawssou`a Al-Fiqhiyyah).
Al-`Ismah, dans le contexte qui est le nĂŽtre, câest donc le mariage. Et la dissolution du mariage est un droit qui appartient Ă lâhomme. Cependant, la jurisprudence admet que le mari dĂ©lĂšgue Ă sa femme le droit de divorcer et cette dĂ©lĂ©gation peut avoir lieu avant ou aprĂšs la conclusion de lâacte de mariage. Cependant, selon la majoritĂ© des savants, le fait de dĂ©lĂ©guer le droit de divorce Ă la femme avant la conclusion de lâacte de mariage est sans effet parce quâun tel acte est considĂ©rĂ© comme une contravention aux finalitĂ©s du contrat de mariage.
Pourtant les hanafites estiment quâune telle dĂ©lĂ©gation peut ĂȘtre valable avant la conclusion du mariage si câest la femme qui en prend lâinitiative en disant : « Je tâĂ©pouse Ă condition que le droit de divorce me soit dĂ©lĂ©guĂ© ». Et que le mari rĂ©ponde : « Jây consens ». En revanche si câest le mari qui prend cette initiative en disant : « Je tâĂ©pouse en admettant que le droit de divorce te soit accordĂ© », cette dĂ©lĂ©gation sera invalide parce quâelle aura eu lieu avant la conclusion de lâacte de mariage.
Quant Ă la dĂ©lĂ©gation aprĂšs la conclusion du mariage, la majoritĂ© des savants (il sâagirait mĂȘme dâun consensus selon certaines sources) lâestiment valide, mais la majoritĂ© dâentre eux estiment que la dĂ©lĂ©gation et la dĂ©cision doivent se faire en une seule sĂ©ance, pour que le divorce prenne effet.
Ce qui prĂ©cĂšde met en Ă©vidence la diffĂ©rence entre la dĂ©lĂ©gation du droit de divorce Ă la femme avant la conclusion de lâacte de mariage et aprĂšs celui-ci. Dans les deux cas ce nâest quâune dĂ©lĂ©gation (Tafwiidh). On comprend aussi que le Tafwiidh aprĂšs la conclusion du mariage est permis comme nous lâavons dĂ©jĂ indiquĂ©. Enfin, mĂȘme si ce concept est mal vu dans nos sociĂ©tĂ©s, cela nâa aucun effet sur sa licĂ©itĂ©. Cependant, il nâest pas du tout prĂ©fĂ©rable que les femmes disposent du droit de divorce en raison de leur nature Ă©motive qui les pousse, la plupart du temps, Ă prendre de mauvaises dĂ©cisions et donc Ă divorcer pour la moindre raison en dĂ©truisant ainsi le foyer conjugal.
Et Allah sait mieux.
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