Je n’avais pas jeûné huit jours de Ramadan, puis j’ai tardé à les rattraper jusqu’à ce que plusieurs autres mois de Ramadan se soient écoulés. À cette époque, j’ignorais les conséquences du report du rattrapage et je ne savais pas que cela était interdit. J’ai depuis rattrapé tous les jours de jeûne manqués.
D’après ce que j’ai appris, lorsque ce retard est dû à l’ignorance, je ne suis pas tenu de verser une compensation alimentaire (fidya). Toutefois, je souhaite agir par précaution et m’acquitter de toute obligation éventuelle. J’ai donc envisagé de donner un kilogramme et demi de riz pour chaque jour. Je remettrai probablement cette nourriture à un ou deux pauvres, ce qui me semble permis.
Je vis en France, mais je souhaite distribuer cette nourriture dans mon pays d’origine, car je sais qu’il est permis de transférer la compensation alimentaire dans un autre pays et que les personnes nécessiteuses y sont plus nombreuses.
Dois-je également donner un kilogramme et demi de riz pour chaque jour dans mon pays d’origine, sachant que la valeur de la monnaie diffère entre les deux pays et que celle utilisée en France vaut approximativement trois fois celle de mon pays ? Cette différence a-t-elle une incidence sur la quantité à donner ?
Qu’Allah vous récompense et vous bénisse.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Votre question comporte plusieurs points, auxquels nous répondrons comme suit :
1. Celui qui, sans excuse valable, reporte le rattrapage des jours de jeûne de Ramadan jusqu’au Ramadan suivant commet un péché. Il doit rattraper ces jours et s’acquitter, pour chacun d’eux, d’une compensation alimentaire. Toutefois, si ce retard est dû à l’ignorance de son caractère interdit, il ne commet aucun péché et n’est tenu à aucune compensation selon certains savants.
On lit dans al-Rawd al-murbi‘ :
« “S’il le fait”, c’est-à-dire s’il reporte le rattrapage sans excuse valable, cela lui est interdit. Dans ce cas, “il doit, en plus du rattrapage, nourrir un pauvre pour chaque jour”, en lui donnant une quantité de nourriture suffisante pour s’acquitter d’une expiation. Si le retard est dû à une excuse valable, aucune compensation ne lui incombe. » Fin de citation.
Ibn Hajar a dit dans Tuhfat al-muhtâj :
« Al-Adhra‘î a dit : “S’il reporte le rattrapage par oubli ou par ignorance, aucune compensation alimentaire ne lui incombe, comme le laissent entendre leurs propos.” Il vise ici l’ignorance du caractère interdit de ce report, même si la personne fréquente des savants, car cette règle peut être méconnue. » Fin de citation.
2. Celui qui doit s’acquitter de plusieurs compensations alimentaires en raison du report du rattrapage de Ramadan peut les distribuer à plusieurs pauvres ou les remettre à un seul pauvre, car le jeûne de chaque jour constitue un acte d’adoration distinct.
Al-Mardâwî a dit dans al-Insâf :
« Il est permis de remettre toute la nourriture à un seul pauvre, en une seule fois, sans divergence à ce sujet. » Fin de citation.
3. La quantité à donner pour chaque compensation est ici d’un mudd de nourriture, soit environ 750 grammes de la denrée constituant l’alimentation de base prédominante dans le pays. Selon l’école hanbalite, la quantité obligatoire est d’un mudd de blé ou d’un demi-sâ‘, soit deux mudd, pour les autres denrées. Cette dernière opinion est plus prudente.
Ibn Qudâma a dit dans al-Mughnî :
« Cela étant établi, la quantité obligatoire à donner au pauvre est d’un mudd de blé ou d’un demi-sâ‘ de dattes ou d’orge. La divergence sur ce point est la même que celle concernant la nourriture à donner aux pauvres dans le cadre de l’expiation pour un rapport sexuel [durant une journée de Ramadan]. » Fin de citation.
4. Si vous souhaitez agir par précaution et suivre l’école hanbalite, vous donnerez environ 1 500 grammes pour chaque compensation lorsque la denrée choisie est autre que le blé. S’il s’agit de blé, la quantité est de 750 grammes.
5. Il vous est permis de transférer cette compensation dans votre pays d’origine, en y achetant de la nourriture qui sera distribuée aux pauvres, même si elle y est moins chère que dans votre pays de résidence. En effet, votre obligation porte sur la nourriture, indépendamment de sa valeur monétaire.
Et Allah sait mieux.
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