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Statut juridique de la dissimulation d'une relation antérieure à un prétendant qui pose comme condition son inexistence

Question

J'étais en contact avec une personne depuis un an. Durant cette période, je me suis repentie devant Allah à plusieurs reprises, puis je retombais dans ce péché. Mais à présent, je me suis repentie d'un repentir sincère, j'ai pris l'engagement envers Allah de ne plus y retourner, et j'ai fermé toutes les portes qui pourraient m'y ramener.
Cette personne avait l'intention de demander officiellement ma main et en parlait déjà avec son père. Cependant, j'éprouvais un malaise en raison de la poursuite de nos échanges en dehors de tout cadre légal (charraïque). J'ai donc décidé de rompre cette relation par recherche de l'agrément d'Allah, et dans l'espoir qu'Allah m'accorde cette personne par la voie licite (halal) si cela comporte un bien.
Quelques mois plus tard, un homme réputé pour sa probité et sa piété s'est présenté pour demander ma main, et ma famille lui est favorable. Mais j'hésite à exprimer un refus, car mes proches savent qu'il possède les qualités que je souhaitais chez un époux, et je crains que mon refus ne finisse par révéler la réalité de l'histoire précédente.
C'est pourquoi j'ai accompli la prière de consultation (istikhârah), j'ai remis mon sort à Allah en Lui demandant de me choisir le bien et de me le faciliter, et je n'ai toujours pas arrêté ma décision à ce jour.
Or, parmi les critères que ce prétendant recherche chez son épouse, figurent le fait qu'elle soit pratiquante, assidue à ses prières, et qu'elle n'ait jamais entretenu de relations avec des hommes étrangers (ajânib). Et moi, hélas, j'ai eu une relation passée à travers les échanges avec la personne mentionnée.
Mes questions sont les suivantes :
• Causerais-je une injustice (dhoulm) à ce prétendant si j'acceptais sa demande sans l'informer de ce péché que j'ai commis dans le passé ?
• Et causerais-je une injustice à l'autre personne qui prévoyait de me demander en mariage si j'acceptais un autre prétendant avant lui ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Nous vous félicitons pour la grâce du repentir et pour avoir mis fin à cette relation illicite. Nous demandons à Allah le Très-Haut de vous préserver, de préserver votre foi, et d'accroître votre guidance, votre piété et votre droiture.


Sachez ensuite qu'il est obligatoire pour le musulman de taire ses propres fautes et de n'informer quiconque du péché qu'il a commis, qu'il s'agisse d'un prétendant ou d'une autre personne. Al-Boukhari et Mouslim ont en effet rapporté, d'après Abou Hourayrah (qu'Allah soit satisfait de lui), qu'il a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah () dire :
« Toute ma communauté peut prétendre au pardon, excepté ceux qui divulguent leurs péchés. Fait partie de cette divulgation le fait qu'un homme commette un acte la nuit, puis se réveille au matin alors qu'Allah l'a couvert, et dit : "Ô untel, j'ai fait telle et telle chose la nuit dernière." Il avait pourtant passé la nuit sous la protection de son Seigneur qui le couvrait, et au matin, il dévoile ce qu'Allah avait dissimulé. »


Partant de là, il ne vous est pas permis d'informer le prétendant de votre passé, même s'il vous interrogeait à ce sujet ; et le fait de ne pas l'en informer ne constitue nullement une injustice envers lui. Quant au fait que ce jeune homme désire une femme n'ayant jamais eu de relation avec un étranger, vous êtes considérée comme telle tant que vous vous êtes repentie de cette relation, car celui qui se repent d'un péché est semblable à celui qui n'en a point commis.


De même, vous ne commettez aucune injustice envers la première personne avec laquelle vous étiez en contact si vous la délaissez pour épouser ce nouveau prétendant. Quand bien même il vous aurait officiellement demandée en mariage, les fiançailles ne sont qu'une simple promesse mutuelle que chacune des deux parties est en droit de rompre.


Enfin, la prière de consultation (istikhârah) est un acte important et recommandé, comptant parmi les moyens d'accéder au bien. Une fois la consultation accomplie, la personne doit aller de l'avant dans ce qu'elle a résolu d'entreprendre (mariage ou autre) : si son accomplissement est facilité, cela prouve qu'il comporte un bien pour elle ; et s'il ne se concrétise pas, cela signifie qu'Allah l'a préservée d'un mal.


Et Allah sait mieux.

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