Assalamu alaykum, J’avais une question concernant une parole de divorce prononcée par mon mari. Après un avortement, j’avais encore des saignements, que je pensais être des lochies (nifâs), le lendemain. Ce jour-là , mon mari et moi étions face à face et il m’a dit exactement : « Sache que là , tu es divorcée. »Il était énervé au moment où il m’a dit cela, de mon point de vue, mais je ne connais pas exactement son intention à ce moment-là . Est-ce que cette phrase constitue un divorce (Talaq) en islam, même s’il n’a pas dit explicitement « je te répudie » ? Et le fait que j’avais ces saignements après l’avortement a-t-il une incidence sur le divorce ? J’aimerais simplement savoir si, selon l’islam, nous sommes actuellement considérés comme divorcés ou toujours mariés. Jazakum Allahu khayran.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il est préférable que votre époux pose directement cette question, de vive voix, à un savant ou qu'il se rende auprès d'un centre islamique, afin de leur expliquer la teneur exacte des propos prononcés ainsi que l'état dans lequel il se trouvait lorsqu'il a formulé la répudiation, afin qu'ils puissent lui préciser la règle juridique applicable en conséquence.
Toutefois, de manière générale et à titre indicatif, nous disons :
Premièrement : La formule prononcée par l'époux à l'attention de sa femme : « Sache que tu es désormais divorcée » relève des formules explicites de répudiation. Or, la répudiation prononcée en des termes explicites prend effet, que l'époux en ait eu l'intention ou non.
Deuxièmement : La répudiation formulée sous le coup de la colère prend effet tant que l'intéressé a conscience de ce qu'il prononce. Telle est la position de la majorité des juristes. D'autres juristes estiment en revanche que celui dont la colère est si intense qu'il en devient assimilable à un aliéné voit sa répudiation invalidée, même s'il comprenait ce qu'il disait. L'avis prépondérant selon nous demeure celui de la majorité.
Troisièmement : La répudiation prononcée durant les lochies constitue une répudiation non conforme à la Sunna (talâq bid'î). Elle est néanmoins effective selon l'avis de la majorité des juristes, ce qui correspond à l'avis que nous privilégions. Ibn Taymiyya et d'autres ont toutefois soutenu qu'elle n'est pas effective.
Et Allah sait mieux.
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