Au regard des hadiths du Prophète dans lequel il explique que chaque heure qui passe sans dhikr sera regrettée et de la réponse du sheikh Al Fawzan concernant les jeux électroniques, est-ce que jouer est halal pour les adultes et pour les enfants (quand et comment cela devient haram) et d'ouvrir des commerces dans lesquelles les gens viennent pour jouer (bowling, karting)? Je ne comprends pas ce que les savant entendent par « est haram tout ce qui distrait du dhikr ». Jazak Allahou khayran.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L’islam autorise les divertissements et la détente dès lors qu’ils respectent les règles de la législation islamique. Les jeux électroniques sont donc permis lorsqu’ils ne comportent aucun élément religieusement interdit, comme l’exposition des parties du corps devant être couvertes, la musique ou les jeux d’argent, et qu’ils ne détournent pas de l’accomplissement des obligations.
Il n’y a pas non plus de mal à ouvrir des établissements de loisirs où les gens viennent pratiquer certains jeux, à condition de respecter les règles de la législation islamique. Le principe est le suivant : tout ce qui conduit à commettre un interdit ou à négliger une obligation est interdit ; ce qui en est exempt ne présente aucun mal. Ibn Qudâma, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans Al-Mughnî :
« Quant aux autres jeux, le principe est qu’ils sont permis, dès lors qu’ils ne causent aucun préjudice et ne détournent pas de l’accomplissement d’une obligation. »
Concernant l’affirmation selon laquelle « tout ce qui détourne de l’évocation d’Allah est interdit », elle ne doit pas être comprise dans un sens absolu. Certaines activités professionnelles et certaines formes de divertissement licite peuvent détourner momentanément de l’évocation d’Allah sans être pour autant interdites. Il est toutefois établi dans un hadith :
«Tout divertissement auquel l’homme s’adonne est vain, à l’exception du tir à l’arc, du dressage de son cheval et des jeux avec son épouse, car ces activités relèvent de ce qui est utile et fondé. »
Ce hadith a été rapporté par al-Tirmidhî, qui l’a qualifié de bon et authentique. Un autre hadith venant en corroborer le sens figure dans Al-Mustadrak ; al-Hâkim l’a jugé authentique, et al-Dhahabî a approuvé ce jugement.
Le terme « vain » désigne ici ce qui ne présente aucune utilité, sans que cela implique nécessairement une interdiction. On lit ainsi dans le Majmû‘ al-Fatâwâ de Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya :
« Le terme “vain” peut désigner ce qui est inexistant, mais aussi ce qui est dépourvu d’utilité, comme dans cette parole du Prophète, paix et bénédictions sur lui : “Tout divertissement auquel l’homme s’adonne est vain, à l’exception du tir à l’arc, du dressage de son cheval et des jeux avec son épouse, car ces activités relèvent de ce qui est utile et fondé.” Il en va de même de sa parole au sujet de ‘Umar, qu’Allah soit satisfait de lui : “Cet homme n’aime pas les futilités.” […] Toute action dépourvue d’utilité est vaine, car elle ne poursuit aucune fin réelle et louable. »
On lit également dans Fayd al-Qadîr d’al-Munâwî :
« “Tout divertissement auquel l’homme s’adonne est vain”, c’est-à-dire qu’il est sans valeur. On qualifie de désœuvré celui qui s’occupe de ce qui ne lui apporte aucun bénéfice, ni ici-bas ni dans l’au-delà. C’est ce qu’a mentionné al-Râghib. Ibn al-‘Arabî a dit : “Cela ne signifie pas que ce divertissement est interdit, mais qu’il ne donne lieu à aucune récompense.” […] »
Il convient également que les responsables des établissements de jeux en fassent des lieux où l’on encourage les gens au bien, par une bonne conduite, un comportement exemplaire et des paroles bienveillantes, en fermant l’établissement à l’heure des prières et en distribuant des brochures instructives et éducatives utiles.
Le musulman doit veiller à employer son temps à ce qui lui est bénéfique dans sa religion et dans sa vie d’ici-bas, car il devra rendre compte de l’usage qu’il en aura fait. Il est ainsi rapporté dans un hadith :
« Il est deux bienfaits dont beaucoup de gens ne tirent pas pleinement profit : la santé et le temps libre. » (Rapporté par al-Bukhârî.)
Un autre hadith énonce :
« Au Jour de la Résurrection, les pieds du serviteur ne bougeront pas avant qu’il ne soit interrogé sur sa vie : à quoi l’a-t-il consacrée ? […] » (Rapporté par al-Tirmidhî, qui l’a qualifié de bon et authentique.)
Et Allah sait mieux.
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