Je suis une mère qui a tué son bébé, une petite fille atteinte de trisomie 21 (syndrome de Down), une semaine après sa naissance, par strangulation. Dois-je informer son père que c’est moi qui l'ai tuée pour que les conditions du repentir soient complètes, notamment en ce qui concerne la restitution des droits, le paiement du prix du sang (diya) ou le talion (qisâs)? Allah me punira-t-Il après mon repentir ? Je ressens un immense regret et j'ai peur de l'avenir.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons à Allah d'accepter votre repentir et d'effacer le péché de ce crime odieux. Le meurtre d’une âme fait partie des péchés capitaux les plus graves. Allah, Exalté soit-Il, dit : « Quiconque tue intentionnellement un croyant, sa rétribution sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement... » (Coran 4/93).
Le meurtre implique trois droits distincts : le droit d'Allah, le droit de la victime et le droit des héritiers.
1. Le droit d'Allah : Il s'efface par le repentir sincère.
2. Le droit des héritiers : Il s'efface en leur permettant d'exercer le talion, de percevoir la diya ou par leur pardon.
3. Le droit de la victime : Allah la compensera le Jour de la Résurrection si le repentir du meurtrier est sincère.
Ibn al-Qayyim précise dans Al-Dâ' wa al-Dawâ' que si le meurtrier se livre de lui-même, par crainte d'Allah et par repentir, Allah se chargera de satisfaire la victime en sa faveur le Jour Dernier, sans que le droit de la victime ne soit lésé ni que le repentir du meurtrier ne soit annulé.
Comme expliqué dans la Fatwa n° 215050 , la mère n'est pas mise à mort pour le meurtre de son enfant.
Vous êtes redevable de la diya (prix du sang) au père de cet enfant (votre mari). Si vous parvenez à lui faire parvenir cette somme par n'importe quel moyen, vous êtes libérée de votre dette envers lui. Il n'est pas obligatoire de l'informer explicitement de votre acte. (Voir la fatwa n° 407479 )
Selon certains savants, si vous demandez pardon à votre mari de manière générale (ex : « J'ai envers toi des torts, pardonne-moi ») et qu'il accepte, cela suffit à libérer votre conscience.
Sachez que pour de nombreux savants, le paiement des droits matériels (comme la diya) est une obligation indépendante de la validité du repentir envers Allah. L'Imam Al-Juwayni souligne que si un meurtrier regrette son acte mais ne se livre pas pour le talion, son repentir devant Allah est valide ; le fait de ne pas se livrer constitue un nouveau péché distinct, mais n'annule pas le repentir lié au meurtre initial.
Si votre repentir est sincère, vous ne serez pas châtiée pour cet acte. Le Prophète (
) a dit : « Celui qui se repent d'un péché est comme celui qui n'a pas péché » (Rapporté par Ibn Majah). Ibn Taymiyya confirme que le repentant n'est châtié ni dans ce monde (par un décret divin) ni dans l'au-delà.
Allah sait mieux.
Recherche FatwasVous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix
Le plus lu aujourd’hui