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Informer une personne d'une calomnie circulant à son égard

Question

AlssalĂąmou Alaykoum,
Il existe un site web qui propose aux gens de publier des informations personnelles (coordonnĂ©es de rĂ©seaux sociaux, photos Ă  caractĂšre sexuel...) de leurs anciennes relations amoureuses afin de se venger ; pour que des pervers puissent en profiter. Il n'y a aucun doute sur le caractĂšre odieux de cela, mais je me pose toutefois une question. M'est-il permis de contacter une victime afin de l'avertir que ses informations ont Ă©tĂ© publiĂ©es par une de ses connaissances, lui donnant ainsi l'hypothĂ©tique possibilitĂ© de dĂ©duire d'elle-mĂȘme qui est le coupable ? Cela rentre-t-il dans le cadre de celui qui change le mal par sa main ou celui qui dĂ©voile les pĂ©chĂ©s des autres ?
Qu'Allah vous récompense.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Si vous sous-entendez par cela le fait d'informer avec une bonne intention une personne quelconque qu'une autre personne a publié des informations personnelles pouvant lui nuire sur un tel site, cela est certes prescrit et n'est pas du colportage de propos diffamatoires ni une agression envers la personne ayant publié ces informations ou une révélation de ses défauts. En effet, l'agresseur est en fait la personne qui a publié sans droit les informations à propos de l'autre personne.

On peut mĂȘme dire qu’informer la victime d'une telle chose est une obligation individuelle si l'existence de telles informations Ă  son sujet sur ce site peut lui porter prĂ©judice, que vous ĂȘtes le seul Ă  pouvoir l'en informer et que le faire ne vous nuit pas. Al-NawawĂź a dit : « La prescription du bien et la proscription du mal est une obligation collective qui, lorsqu'elle est prise en charge par certaines personnes, dĂ©charge les autres de cette responsabilitĂ©. Par contre, si personne ne s'en charge, toute personne capable de s'en charger et qui ne le fait pas sans excuse valable, ni par crainte, commet alors un pĂ©chĂ©. Cela peut aussi devenir une obligation individuelle si une personne est la seule Ă  ĂȘtre au courant de la chose ou que nulle autre personne n'est capable d’y mettre fin Ă  part elle. » (Charh SahĂźh Muslim)

Boukhari intitula l'un de ses chapitres : « Celui qui informe son compagnon de ce que l'on dit de lui. » Il cita ensuite le hadith dans lequel ibn Mas'ûd, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté : « Le ProphÚte () procéda à un partage et un homme dit : "Par Allah, je jure que Mohammed n'a pas procédé à ce partage en recherchant l'agrément d'Allah." Je me rendis donc auprÚs du ProphÚte () et lui rapportai ce qui s'était passé. Son visage changea et il dit alors :
"Qu'Allah fasse miséricorde à Mûsù, on lui a causé des torts bien plus grands et il a enduré cela avec patience." »

Ibn Hadjar a dit : « A travers le titre de ce chapitre, Boukhari voulut indiquer l'autorisation de rapporter une chose Ă  titre de loyautĂ© (vis-Ă -vis d’un ami), car le ProphĂšte () ne blĂąma pas ibn Mas'Ă»d de lui avoir rapportĂ© cela. Au contraire, il se mit en colĂšre Ă  cause de ce que cet homme avait dit sur lui puis pardonna Ă  ce dernier et endura. » (Fath al-BĂąrĂź)

Il dit également : « Rapporter des informations est blùmable uniquement lorsqu'on le fait dans le but de semer la discorde, mais lorsqu'on le fait avec une bonne intention, de maniÚre sincÚre et en évitant toute nuisance, cela n'est pas blùmable. »

Ibn BattĂąl a dit : « Ce hadith indique qu'il est permis Ă  quelqu’un d'informer ses compagnons pieux de ce qui est dit Ă  leur propos afin qu'ils soient avertis de ceux qui leur portent prĂ©judice et les rabaissent. Celui qui fait cela ne commet donc aucun mal.

Cela n'est pas du colportage de propos diffamatoires, car lorsqu'ibn Mas'Ă»d informa le ProphĂšte () de la parole de l’homme l’accusant d’injustice Ă  son Ă©gard dans la maniĂšre dont il avait procĂ©dĂ© au partage, le ProphĂšte () ne lui dit pas qu'il avait commis une erreur de lui rapporter cela, qu'il avait calomniĂ© cet homme et que cela Ă©tait illicite. Au contraire, il accepta cela et lui rĂ©pondit en disant : "Qu'Allah fasse misĂ©ricorde Ă  MĂ»sĂą, on lui a causĂ© des torts bien plus grands et il a endurĂ© cela avec patience." »

Et Allah sait mieux.

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