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Une mĂšre reprend une donation faite Ă  sa fille

Question

Salam alaykoum, Ma mĂšre a partagĂ© un terrain entre mon frĂšre et moi. Elle a rempli les papiers pour mon frĂšre et moi devant notaire et tĂ©moins, puis, 20 ans plus tard, suite Ă  des manipulations de mon frĂšre et des pressions envers ma mĂšre, celle-ci a changĂ© d'avis et a portĂ© plainte contre moi devant un tribunal pour rĂ©cupĂ©rer cette hiba qui ne suscite aucun doute de par les tĂ©moins et le notaire. Cette histoire a divisĂ© notre famille en deux clans. Je vis en France et le terrain se trouve en AlgĂ©rie, c'est un don du gouvernement algĂ©rien car mon pĂšre Allah i rahmo est mort chahid. Elle veut le reprendre pour le donner Ă  mon frĂšre sous prĂ©texte que je vis mieux que lui en France avec mes orphelins. Elle m'a exclue de son logement lors d'une visite et m'a vivement insultĂ©e. Nos autres frĂšres et sƓurs ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de la part de ma mĂšre, d'une maison, pour le moment, ma mĂšre y vit. Le partage a Ă©tĂ© convenu devant notaire et tĂ©moins comme suit : le terrain partagĂ© entre mon frĂšre et moi, et la maison partagĂ©e entre ma sƓur et mon autre frĂšre d'un commun accord. Quel comportement dois-je adopter envers mon frĂšre qui a acceptĂ© ce partage et qui a ensuite manipulĂ© notre mĂšre ; il m'a aussi volĂ© l'argent que je lui envoyais pour la construction et il loue ma part du terrain Ă  des Ă©trangers sans mon accord. Quand je retourne chez moi en AlgĂ©rie, je dois ĂȘtre hĂ©bergĂ©e car je n'ai plus de terre ou m'enraciner et cette affaire me coĂ»te beaucoup d'argent et me prends ma santĂ©. Quel comportement dois-je adopter face Ă  ma mĂšre qui refuse que je lui rende visite et qui s'est rendue complice de corruption en acceptant les mĂ©thodes de mon frĂšre ? Quelles sont les sentences relatives aux dons que l'on reprend dans l'islam ? J'ai portĂ© l'affaire en appel devant un tribunal civil et leur sentence leur appartient moi j'ai besoin de savoir ce qu'il en est devant Allah ? J'ai essayĂ© Ă  travers notre frĂšre consanguin, qui est plus ĂągĂ© que nous, de les exhorter et de leur parler calmement afin qu'ils retrouvent la raison et qu'ils craignent Allah, en vain. Je reçois quotidiennement des nouvelles de mon pays qui m'attristent et me cause beaucoup de soucis, ma mĂšre et mon frĂšre me calomnient auprĂšs du reste de notre famille. Je crains pour ma mĂšre le jour des comptes quand Allah nous questionnera sur nos actes, j'aimerais rĂ©parer cette situation sans toutefois renoncer Ă  mon droit. Que prĂ©conise l'islam sur ces diffĂ©rents sujets ? Je vous remercie, qu'Allah accorde la misĂ©ricorde Ă  vos pieux ascendants et descendants, qu'Il affermisse le cƓur de tous les croyants et qu'Il facilite votre Ɠuvre. Qu'Allah augmente votre science et votre lumiĂšre. Amine.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son ProphÚte et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :


En principe, la donation est effective si elle a eu lieu de maniĂšre correcte et que la personne Ă  qui elle est destinĂ©e en a pris possession, conformĂ©ment Ă  la parole du Messager d’Allah () rapportĂ©e par Ibn ‘AbbĂąs : « Celui qui reprend ce qu’il a donnĂ© est semblable au chien qui vomit puis ravale son vomi. » (Boukhari et Mouslim). La majoritĂ© des oulĂ©mas s’appuie sur ce hadith pour affirmer qu’il est interdit de reprendre ce qui a Ă©tĂ© donnĂ© exceptĂ© la donation qu’un pĂšre ou une mĂšre a faite Ă  son enfant en se basant sur le hadith qu’ont rapportĂ© Ibn 'Umar et Ibn 'AbbĂąs (qu’Allah les agrĂ©e) et dans lequel le ProphĂšte () a dit : « Il n'est pas licite de rĂ©voquer une donation, sauf celle faite par le pĂšre Ă  son enfant
 » [Ahmad, AbĂ» DĂąoud, al-TirmidhĂź, al-NasĂą'Ăź, Ibn MĂądja (al-AlbĂąnĂź : SahĂźh)].
Ceci est l’avis de la majoritĂ© des oulĂ©mas dont MĂąlik, al-ChĂąfi'Ăź et Ahmad dans la version la plus explicite. Il est permis au pĂšre ou Ă  la mĂšre de rĂ©voquer une donation faite Ă  son enfant tant que celle-ci ne concerne pas le droit d’autrui, que l’enfant n’en a pas pris possession ou qu’à cause de celle-ci, l’enfant n’a pas contractĂ© certains engagements car si c’est le cas il n’est pas permis de rĂ©voquer la donation. Ibn AbĂź Zayd al-MĂąlikĂź a dit dans al-RisĂąla : « Le pĂšre (ou la mĂšre) a le droit de reprendre une donation faite Ă  son enfant, qu’il soit petit ou grand, sauf si le don est la cause d’une promesse de mariage, d’une dette ou si un Ă©vĂšnement augmente ou diminue considĂ©rablement sa valeur. Al-'AdawĂź a dit : “Cela signifie qu’il se produit un Ă©vĂ©nement qui fait diminuer ou augmenter la valeur de cette donation car dans ce cas le pĂšre perd cette donation.” » (al-RisĂąla et Charh al-NafrĂąwĂź)

En se basant sur cela, il n’y a pas d’inconvĂ©nient Ă  ce que votre mĂšre reprenne ce qu’elle vous a donnĂ©, d’aprĂšs ce que nous avons expliquĂ©. Cependant, elle n’a pas le droit de le reprendre pour le donner Ă  votre frĂšre car le fait de favoriser certains enfants par rapport Ă  d’autres en matiĂšre de donation n’est pas permis selon l’avis prĂ©pondĂ©rant des oulĂ©mas tant qu’il n’y a pas de justificatif valable, conformĂ©ment au hadith dans lequel le ProphĂšte () a dit Ă  al-BachĂźr ibn Sa'd : « Craignez Allah et soyez Ă©quitables envers vos enfants. » (Boukhari, Mouslim). Dans une variante de ce hadith rapportĂ© par Ahmad, il a dit : « Parmi les droits que tes enfants ont sur toi figure le fait que tu sois Ă©quitable envers eux. »

MalgrĂ© tout cela, vous devez continuer Ă  ĂȘtre bonne envers votre mĂšre et Ă  ne pas lui nuire par des paroles ou des actes. Il n’y a aucune vertu dans les biens de ce bas monde, qui sont vouĂ©s Ă  disparaĂźtre, si ceux-ci conduisent Ă  rompre les liens de parentĂ© avec sa mĂšre, Ă  lui nuire ou Ă  l’accuser de ruser, de falsifier (les documents) et de mentir. Essayez autant que vous pouvez de vous rĂ©concilier avec vos frĂšres et soyez extrĂȘmement bonne envers votre mĂšre malgrĂ© ses dĂ©fauts car il se peut qu’Allah, exaltĂ© soit-Il vous donne quelque chose en compensation de ce que vous avez perdu.

Le conseil que nous vous prodiguons est d’Ɠuvrer pour vous rassembler et vous rĂ©concilier avec votre famille et mĂȘme si cela doit se faire en renonçant Ă  votre bien. Quant Ă  l’issue de cette affaire, c’est au juge de trancher.

Et Allah sait mieux.

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